Gréve janvier 2026

Veillée d'armes pour la médecine libérale

La médecine libérale française est aujourd'hui au bord du précipice. Ce n'est ni un accident ni une fatalité. C'est le résultat de décisions politiques anciennes, répétées, et jamais assumées.

La réalité est pourtant simple et incontestable : la médecine libérale assure l'essentiel des soins dans notre pays. Huit consultations médicales sur dix, six actes chirurgicaux sur dix, l'immense majorité de la radiologie et des endoscopies digestives reposent sur des médecins libéraux. Ce sont eux qui font tenir, au quotidien, un système de santé déjà fragilisé.

Pourtant, ces médecins sont aujourd'hui désignés comme responsables d'une crise qu'ils n'ont pas créée. Pendant vingt ans, entre 1980 et 2000, les gouvernements successifs ont préférentiellement réduit le nombre de médecins formés, alors même que toutes les données démographiques et épidémiologiques étaient connues. La population a augmenté de quinze millions d'habitants, les maladies chroniques se multiplient, et la demande de soins n'a cessé de croître. Rien de tout cela n’a été anticipé.

Ce choix politique a un coût, et ce coût est désormais payé par la médecine libérale. En dix ans, le nombre de médecins libéraux a diminué de 12,5 %, tandis que six médecins généralistes sur dix ne sont plus médecins traitants. Dans le même temps, jamais le nombre de médecins salariés n'a été aussi élevé, jamais les créations de postes hospitaliers n'ont été aussi importantes. Ce contraste n'est pas le fruit du hasard : il traduit une orientation assumée, celle d'un affaiblissement progressif de la médecine libérale.

Ne nous trompons pas : les premières victimes de cette politique ne sont pas les médecins. Ce sont les patients. Car affaiblir la médecine libérale, c'est désorganiser l'accès aux soins, rallonger les délais, accentuer les inégalités territoriales et fragiliser l'ensemble du système de santé.

Face à des attaques inédites, la médecine libérale entre aujourd'hui dans une veillée d'armes. Du 5 au 15 janvier, elle cessera de répondre. Du 10 au 14 janvier, la quasi-totalité des établissements de santé privés sera à l'arrêt. Non par désinvolture, mais par nécessité. 

Car une certitude s'impose : sans médecine libérale, c'est la santé de nos concitoyens qui est en danger.


Mis à jour le 29 Déc. 2025